Cyrco
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Le Pas Sage à l'Age Adulte
Du haut de mes vingt rivages,
Me repousse l'inébranlable barrage,
Du passage à l'époque adulte.
Longtemps j'ai cru, inculte,
L'ascension au monde des mirages,
Refusée à la naïveté de simples pages.
Les yeux levés vers ces « grands sages »,
J'admirais l'assurance de leurs bavardages,
La confiance certaine de leurs présages.
Alors que, moi, ces apagogies*, ces adages...,
Toutes ces prises de positions me restaient occultes.
Soucieux d'intégrer le formidable culte,
J'ai ainsi fureté les sombres passages,
Conduisant à l'apanage.
Accrochant, à quelque détour, un petit nuage,
J'ai survolé l'immense sillage,
Attentif au plus petit témoignage.
Quand, d'un souffle..., d'une image...,
Je compris la raison du tumulte :
« Dénigrer, contredire, se fier à la rage,
Affirmer, approuver, l'Homme majeur s'engage,
Après quoi..., il exulte ! »
Oui, c'est bien des êtres en cage,
Que j'aperçus, prisonniers de leur plumage,
Soucieux de se prouver, de crier leur ramage !
Ce qu'il en résulte ?
Du vent, un ouragan de tapage,
Bien heureux, puisque celui-ci, en gage,
Refoula mon cumulus en amont du barrage...
Suite à cet étrange voyage,
Je compris que l'ouvrage,
Séparant l'enfance du monde adulte,
Etait, non un obstacle, non un blocage,
Mais une forme de courage ;
Que celle-ci me préservait des sabotages,
De nombreux visages,
Ridés par la certitude,
D'une multitude d'orages !
Oh, vous les « grands »..., voici mes hommages :
Je ne rejoindrai pas votre plage, ni votre langage,
Je repousse votre monde sans scrupules !
Je préfère mon univers de rêves, de doutes : je l'adule,
Et, au risque de perdre l'équilibre..., je resterai funambule !
...
Ah moins que..., l'écriture de ce poème volage,
Pourtant sans insultes,
Ne m'ait fait tourner la page...
*Apagogie : n. f : démonstration par l'absurde.
Cyrco (janv 2007)
Publié par CyrilleCorde à 16:18:40 dans Poèmes (critique humaine) | Commentaires (0) | Permaliens
Le Ménestrel, le Bonheur
&
Dans un temps sans époque, dans quelque citadelle,
Déclamait, chantait et contait un jeune ménestrel.
Suspendue aux douces résonances de ses ritournelles,
La cour entière : roi, chevaliers et jouvencelles,
S'émerveillait de ses nouvelles.
Où qu'il s'en fût, une joie naturelle,
Animait les cloches de toutes les chapelles.
Le Bonheur, curieux du phénomène, l'interpella :
« Dis-moi, jeune mortel,
Toi qui, d'un arc-en-ciel,
D'une fleur en germe, m'appelles,
Toi qui chantes le scintillement de mes prunelles,
Et me confies à ces âmes charnelles,
Saurais-tu éclairer le ciel,
Bleu, tantôt gris, parfois noir... dont je recèle ? »
Le poète, pensif et surpris,
Lui répondit ceci :
« Bien sûr mon ami,
Tu es le pommier fleuri,
Qui nous offre le plaisir de ses fruits.
Tu es la houle épanouie,
Qui agrémente notre vie.
Tu es la montagne infinie,
Qui nous souffle l'ataraxie.
Tu es... »
« Grand merci mon fidèle,
Mais, si tu me donnes des ailes,
Il me semble que, de ta louange, je décèle,
Un avis trop personnel :
Est-ce là une vérité universelle ?»
Voyant le Bonheur et le ménestrel,
Perdus dans une méditation sans éclaircie,
Dame Philosophie,
Prit part à la réflexion existentielle :
« Permettez-moi de m'immiscer entre vos bras,
Car, en farandole spirituelle... sans coda*,
Bien souvent je mène le gala.
Je puis, peut-être, vous apporter un éclat : »
« Chanteur, tu fredonnas :
Le bonheur est l'essence de toute via*.
Méfie-toi, car, des attentes d'une diva,
Diffèrent les espérances du malfrat.
Du malheur, certains construisent leur apparat,
Pour y puiser, qui sait..., peut être une forme de nirvana. »
Le Bonheur, soudain pâle, s'en mêle :
« Alors je pourrais garnir la gamelle,
De quelque mauvaise cervelle ? »
« D'une certaine manière oui, en voici le la :
Il était une fois un horrible Shah.
Il se nourrissait de la famine des fellahs*,
Et plus il dévorait, plus sa joie grandissait, sans trépas,
Il fut l'Homme le plus heureux de son ère, un véritable pacha.
C'est avec embarras que je fais alors ce constat :
Si l'on considère la condition humaine sans religion, sans appât,
Pourquoi le bonheur d'un affameur ingrat,
Ne vaudrait-il pas le désarroi de gens de bas ?
Après tout, s'il n'y a qu'une vie, autant en faire son plat. »
« Quelle ignominie ! »
Répondit le ménestrel décrépit,
« Si l'humain se différencie par son esprit,
Il a conscience d'une présente sournoiserie !
Que les individus qui en prennent parti,
S'imaginent, une seconde seulement, asservis,
Par l'ombre d'eux même, pourvue de mépris ! »
...
Mais, le
Bonheur et
Avaient soudain fui !
Délaissant le poète de toute compagnie.
...
Une fois la colère endormie,
Le Bonheur regagna le ménestrel,
Et, bouleversé, lui avoua,
Qu'il y avait eu querelle,
Entre lui
et
Puis, qu'il l'avait finalement abandonnée, seule, à son débat.
Dès lors, on put entendre la douce mélodie,
D'un vagabond heureux, à la voix si belle,
Qu'elle vous apprenait, d'une ribambelle,
Que Bonheur et Philosophie ne peuvent être unis :
Qu'à trop réfléchir, on sombre en pêle-mêle,
Et qu'on en oublie le principal : apprécier la vie !
...
... (d'un murmure ) : sans négliger le sort fraternel...
Aujourd'hui, les rares âmes, sensibles aux rimes du rituel,
Prétendent embrasser ces versets, de la langue d'un Chat,
A la fourrure si majestueuse, si douce, si jolie...,
Qu'elle réchauffe et réconforte le cœur des plus démunis !
*Coda : n. f : Période musicale, vive et brillante, qui termine un morceau.
Final d'un ballet classique.
*Via : lat, voie.
*Fellah : n. m : ar, laboureur
Cyrco (janv 2007)
Publié par CyrilleCorde à 16:17:49 dans Poèmes (réflexion philo, existencielle...) | Commentaires (0) | Permaliens
Le pouvoir de changer les vies
De mes nuits,
Trop souvent nébuleuses :
Le sommeil enfui,
Les obsessions nombreuses,
Je nourris l'utopie,
D'une magie merveilleuse,
Qui pourrait changer les vies.
D'une pensée rêveuse,
Me voilà devenu messie :
Parcourant quelque sente sinueuse,
Attiré par les lamentations d'un petit Jérémie,
Victime d'attentions malheureuses,
Je stoppe les malfaiteurs, sévis,
Les condamne à une destinée affreuse,
Et réconforte l'enfant flétri,
D'une jolie berceuse.
Blessé par les cris d'un esclave soumis,
Par une bourgeoise aux perles trop précieuses,
Je m'oppose à cette femme de mépris,
Libère le captif, lui promets une fortune chaleureuse,
Et dépossède la tortionnaire de tous ses biens de prix.
Attendri par la complainte amoureuse,
D'une femme sans mari,
Lui offre la caresse savoureuse,
Du baiser romantique d'un amant épris,
Par ses avances langoureuses.
Bouleversé par un vieillard affaibli,
D'une vie trop désastreuse,
Je le confronte à ma philosophie,
D'une fin heureuse,
Et lui redonne goût à l'euphorie.
Puis, fatigué, par mon devoir d'embellie,
Je m'absorbe enfin dans une léthargie gracieuse.
Mais, au petit matin, conscient de la fantaisie,
Je n'aspire qu'à rejoindre la prochaine nuit, baladeuse,
Où l'on m'offrira, peut-être, à nouveau, le pouvoir de changer les vies...
Cyrco (janv 2007)
Publié par CyrilleCorde à 16:16:56 dans Poèmes (critique humaine) | Commentaires (0) | Permaliens
La beauté & le chaos,
Un jour, une éternité,
Sur mon île de majesté,
Absorbé, au gré de mes pensées,
Vint m'effleurer,
La merveilleuse idée
D'une infinie beauté.
Un jour sans renouveau,
Sur son atroce radeau,
Assombri par nombres défauts,
Vint souiller mon îlot,
L'effroyable halo,
Du chaos.
Une seconde, une éternité,
Serein, à contempler
L'osmose exaucée,
Du parfum débouqué*
D'une fleur de liberté,
Bercée par le chant sacré
D'une brise libertine, égarée
Aux saveurs d'un arôme léger.
Une seconde, un sursaut,
Terrifié, à subir l'assaut
De pauvres sots ;
M'arrachant larmes et sanglots :
Ils ont brisé mon zéphyr* en mille pamperos*,
Refoulé l'exquis d'une noix de coco,
Déporté les symphonies en cri d'appeau,
Par feintes, déshummé un coquelicot.
De mes visées ne subsiste qu'un noir eldorado.
Une seconde, une éternité,
Imprégné par l'intensité d'une telle beauté,
Une seconde, un sursaut,
Ont suffi à dresser son échafaud !
*Débouquer : Sortir d'une passe, d'un chenal.
*Zéphyr : n. m. 1. Vent doux et tiède, brise agréable.
*Pampero : n. m. Vent de la pampa, froid, souvent violent, suivant le passage des dépressions cycloniques.
Cyrco (janv 2007)
Publié par CyrilleCorde à 16:16:16 dans Poèmes (contemplatifs) | Commentaires (0) | Permaliens
A la messe, Sainte Nitouche devise : « sans démonte corsage, loue
Allah, mes seins té n'y touches ! D'eux, vit cent démons corses jaloux !
Ah l'âme ceinte, nie tout des vies, sang de mon corps sage. »
Circo (dec 2006)
Publié par CyrilleCorde à 16:13:06 dans Jeux de mots | Commentaires (0) | Permaliens