Cyrco
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Le Chat aux Riches
Le chat aux riches
Fier de sa postiche
Se délecte
De son état
De Shah
Au lait.
Le chat aux riches :
La fourrure lisse
Pour se frotter,
Le poil hérisse
Pour attaquer...,
Le chat aux riches
Devrait être laqué.
Appât de riches,
Il ne connaît pas la moralité :
Il aguiche
Les pigeonniers...,
Pisse
Au nez
De ses gibiers...,
Puis, exalté,
D'un geste factice,
Leur liche
Les pieds !
Je vous en fiche !
Cette âme est dupeuse,
Sa langue rugueuse !
Le chat aux riches,
Joue les pouliches :
Sous la bannière
Des nuits de prélats,
Il s'en va,
Pacha,
Côtoyer le Prolétariat
Des chats de gouttière.
Grand seigneur,
Il partage un quotidien
De quelques heures,
Miaule le malheur
Et, sans faim,
Goutte aux miches
Des vieux pains.
Malin,
Et adepte de la triche :
Il s'affiche !
Et oui,
En bon tsarévitch
Une fois chez lui,
Il sait
Qu'une ou deux pleurniches,
Fétiches,
Suffiront aux riches...
A servir ses plats garnis
De fines croquettes
D'haschich...
Petit chat aux riches,
Petit freluquet,
S'il te plaît :
Ne t'entiche
Pas trop...
Il est dit :
Tu es en trot
Pour cinq vies,
Pas sept !
Elles sont défaites...
Petit chat aux riches,
Ne t'entiche
Pas trop...
Prends garde aux
Caniches :
Ils dénichent
En toi
Un frêle encas,
Cher petit chat aux riches.
En proie
A tes barbiches,
Ils enragent !
Sans faire de cas,
Tu pourrais finir en sarcophage...
En sarcophage !
Petit chat aux riches.
Publié par CyrilleCorde à 21:09:15 dans Poèmes (coup de gueule, engagé...) | Commentaires (0) | Permaliens
Le Papion*
Au papion,
J'ai nommé le pape Benoît,
Je dédie cette petite noise :
Tu nous sers ton pain béni,
Mais le palais, de nous autres paillards, sait reconnaître un pain rassis.
Ainsi, si tu espères le paradis,
De nos coups de balais, ou de ton vaste palais : qui le mérite vraiment, pardi ?
Car si notre bonheur ne nécessite pas un radis,
Le tien se nourrit de nos bénéfices.
Tu nous appelles mes fils,
Cependant, méfie-toi, aucun pacte ne nous retient à tes fils.
Oui, nous préférons être païens,
Coucher sur la paille et garder notre foi,
Plutôt que d'appartenir aux tiens,
Acceptant la dictature de tes effrois.
Alors, Oh Grand Papion,
Un conseil : sors à Petits Pas !!!
De toi nous n'avons pas satisfaction,
Nous volons de nos propres ailes... de papillon...
*Papion : n. m. (lat. moderne papio, altér. de baboin ; 1766).
Zool. Nom savant des singes cynocéphales.
Cyrco (dec 2006)
Publié par CyrilleCorde à 16:09:54 dans Poèmes (coup de gueule, engagé...) | Commentaires (0) | Permaliens
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