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Emoi & Toiles

Poèmes & Pensées

Réserve sentimentale | 21 avril 2007

Réserve sentimentale

 

Petit Homme réservé,

Il était son propre confident.

 

Sans mépris pour ses bienveillants,

Les arcanes captives d'une grande intimité,

Il protégeait ses sentiments.

 

Il imaginait ses doutes et croyances,

Offrandes de son unique personnalité ;

Ses mystères sans connivence,

Témoignant son extraordinaire singularité.

 

Il vivait ainsi : héro particulier,

D'un « moi » ignorant.

 

Un jour pourtant,

Le fardeau lourd à son gré,

Il confia son entendement,

A quelques étrangers.

 

Il apprit à ses dépends,

Ses questionnements courants,

Et présents chez une majorité.

 

Espérant la différence,

Il avait obtenu la commodité.

 

Saisi par le découragement,

Du commun présent,

Il vit ses compagnons lui apporter charité.

 

Libéré de son entêtement,

Il avait trouvé « solidarité ».

 

 

Alors petit Homme égaré,

Le commun rassurant,

D'une foule sans excentricité,

Valait-il l'espoir solitaire d'antan,

D'une quelconque divergence ?

 

Ne me le dis surtout pas !

 

(Cyrco, mars 07) 

Publié par CyrilleCorde à 15:23:21 dans Poèmes (réflexion philo, existencielle...) | Commentaires (0) |

Le Ménestrel, le Bonheur et la Philosophie | 04 mars 2007

Le Ménestrel, le Bonheur & la Philosophie

 

Dans un temps sans époque, dans quelque citadelle,

Déclamait, chantait et contait un jeune ménestrel.

 

Suspendue aux douces résonances de ses ritournelles,

La cour entière : roi, chevaliers et jouvencelles,

S'émerveillait de ses nouvelles.

 

Où qu'il s'en fût, une joie naturelle,

Animait les cloches de toutes les chapelles.

 

Le Bonheur, curieux du phénomène, l'interpella :

« Dis-moi, jeune mortel,

Toi qui, d'un arc-en-ciel,

D'une fleur en germe, m'appelles,

Toi qui chantes le scintillement de mes prunelles,

Et me confies à ces âmes charnelles,

Saurais-tu éclairer le ciel,

Bleu, tantôt gris, parfois noir... dont je recèle ? »

 

Le poète, pensif et surpris,

Lui répondit ceci :

« Bien sûr mon ami,

Tu es le pommier fleuri,

Qui nous offre le plaisir de ses fruits.

Tu es la houle épanouie,

Qui agrémente notre vie.

Tu es la montagne infinie,

Qui nous souffle l'ataraxie.

Tu es... »

 

« Grand merci mon fidèle,

Mais, si tu me donnes des ailes,

Il me semble que, de ta louange, je décèle,

Un avis trop personnel :

Est-ce là une vérité universelle ?»

 

Voyant le Bonheur et le ménestrel,

Perdus dans une méditation sans éclaircie,

Dame Philosophie,

Prit part à la réflexion existentielle :

 

« Permettez-moi de m'immiscer entre vos bras,

Car, en farandole spirituelle... sans coda*,

Bien souvent je mène le gala.

Je puis, peut-être, vous apporter un éclat : »

« Chanteur, tu fredonnas :

Le bonheur est l'essence de toute via*.

Méfie-toi, car, des attentes d'une diva,

Diffèrent les espérances du malfrat.

Du malheur, certains construisent leur apparat,

Pour y puiser, qui sait..., peut être une forme de nirvana. »

 

Le Bonheur, soudain pâle, s'en mêle :

« Alors je pourrais garnir la gamelle,

De quelque mauvaise cervelle ? »

 

« D'une certaine manière oui, en voici le la :

Il était une fois un horrible Shah.

Il se nourrissait de la famine des fellahs*,

Et plus il dévorait, plus sa joie grandissait, sans trépas,

Il fut l'Homme le plus heureux de son ère, un véritable pacha.

 

C'est avec embarras que je fais alors ce constat :

Si l'on considère la condition humaine sans religion, sans appât,

Pourquoi le bonheur d'un affameur ingrat,

Ne vaudrait-il pas le désarroi de gens de bas ?

Après tout, s'il n'y a qu'une vie, autant en faire son plat. »

 

« Quelle ignominie ! »

Répondit le ménestrel décrépit,

« Si l'humain se différencie par son esprit,

Il a conscience d'une présente sournoiserie !

Que les individus qui en prennent parti,

S'imaginent, une seconde seulement, asservis,

Par l'ombre d'eux même, pourvue de mépris ! »

...

 

Mais, le Bonheur et la Philosophie,

Avaient soudain fui !

Délaissant le poète de toute compagnie.

...

Une fois la colère endormie,

Le Bonheur regagna le ménestrel,

Et, bouleversé, lui avoua,

Qu'il y avait eu querelle,

Entre lui et la Philosophie,

Puis, qu'il l'avait finalement abandonnée, seule, à son débat.

 

Dès lors, on put entendre la douce mélodie,

D'un vagabond heureux, à la voix si belle,

Qu'elle vous apprenait, d'une ribambelle,

Que Bonheur et Philosophie ne peuvent être unis :

Qu'à trop réfléchir, on sombre en pêle-mêle,

Et qu'on en oublie le principal : apprécier la vie !

...

... (d'un murmure ) : sans négliger le sort fraternel...

 

Aujourd'hui, les rares âmes, sensibles aux rimes du rituel,

Prétendent embrasser ces versets, de la langue d'un Chat,

A la fourrure si majestueuse, si douce, si jolie...,

Qu'elle réchauffe et réconforte le cœur des plus démunis !

 

 

 

*Coda : n. f : Période musicale, vive et brillante, qui termine un morceau.

Final d'un ballet classique.

*Via : lat, voie.

*Fellah : n. m : ar, laboureur

 

Cyrco (janv 2007) 

Publié par CyrilleCorde à 16:17:49 dans Poèmes (réflexion philo, existencielle...) | Commentaires (0) |

Ma conscience | 04 mars 2007

Ma Conscience,

 

Toi qui, de moi, possèdes toutes les connaissances,

Toi qui établis le sens de mon existence,

Pourquoi m'opposes-tu tant de résistance,

Lorsque, de mes longues heures d'errances,

A chercher la quintessence de tes séances,

Je ne récolte que la souffrance de ton silence ?

 

De l'innocence de mon adolescence,

Tu m'as appris la vigilance,

Et m'as conduit à l'intelligence.

 

De ta semence,

Tu orientes la balance,

De mes créances,

M'incitant au bon sens.

 

Aux grandes évidences,

Tu m'apportes prudence,

Et me conseilles nuance !

 

En toutes circonstances,

Ce que je pense,

Ne reflète que la résonance,

De ta présence !

 

Alors, pourquoi m'opposes-tu tant de résistance,

Lorsque, de mes longues heures d'errances,

A chercher la quintessence de tes séances,

Je ne récolte que la souffrance de ton silence ?

 

De ton influence,

J'ai appris la méfiance.

Alors, oui, je demande audience :

De tes inhérences,

Je souhaite comprendre les manigances.

 

De ton éloquence,

Mes sentiments tu encenses,

Les invitant à cette grande danse,

Où la préséance cadence,

Ma confiance devenue négligence.

Car de ta prestance,

Me dispute l'attirance,

D'un ange ou d'une démence.

 

Alors, pourquoi m'opposes-tu tant de résistance,

Lorsque, de mes longues heures d'errances,

A chercher la quintessence de tes séances,

Je ne récolte que la souffrance de ton silence ?

 

Convergence ou divergence,

Je ne puis que me plier à tes exigences.

Car, de ta clairvoyance,

Si tu devines mes réticences.

De l'essence de mes réminiscences,

Aux conséquences de mes croyances,

Si point n'est de cohérence,

Tu acquiers la puissance,

De m'imposer tes remontrances.

 

Alors, pourquoi m'opposes-tu tant de résistance,

Lorsque, de mes longues heures d'errances,

A chercher la quintessence de tes séances,

Je ne récolte que la souffrance de ton silence ?

 

De mauvaises attirances,

Si m'emporte la déchéance,

Que l'estime cède à l'indifférence,

Et qu'en moi s'envole toute confiance,

De ton assistance,

Les murmures de bienveillance,

Me conduiront sur les voies de la convalescence,

Pour, je le sais, rétablir mon assurance.

 

Ainsi, je ne puis supporter ton absence,

De ton élégance,

J'ai accepté la dépendance.

 

Alors, pourquoi m'opposes-tu tant de résistance,

Lorsque, de mes longues heures d'errances,

A chercher la quintessence de tes séances,

Je ne récolte que la souffrance de ton silence ?

 

Peut être parce qu'avec une conscience,

Toute science reste en latence,

Et que, seule notre échéance,

Parviendra, qui sait, à révéler son importance.

 

 

Cyrco (dec 2006)

Publié par CyrilleCorde à 16:01:33 dans Poèmes (réflexion philo, existencielle...) | Commentaires (0) |

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